Les oiseaux sont des animaux sensibles qui masquent souvent leurs symptômes, rendant la surveillance de la santé globale des oiseaux délicate. En tant que vétérinaire oiseaux, nous savons que la rapidité d’intervention est la clé. Voici un guide des principales pathologies rencontrées chez les psittacidés (PBFD, PDD) et les gallinacés.
La maladie du bec et des plumes (PBFD)
La PBFD, ou Psittacine Beak and Feather Disease, est une maladie transmise par un circovirus qui touche principalement les espèces australiennes, bien que tous les perroquets et perruches puissent être contaminés.
Découvrez les aspects clés de cette maladie pour mieux comprendre et protéger nos amis à plumes.
Symptômes et Formes Cliniques :
- Espèces Affectées : Cacatoès, Eclectus, perruches ondulées, Loris, Loriquets, Gris du Gabon, inséparables, avec une rareté chez les espèces d’Amérique du Sud.
- Transmission : Principalement par inhalation des particules virales dans la poudre des plumes, avec une possibilité de contamination verticale par les œufs.
- Durée d’incubation : 2 à 4 semaines, parfois plusieurs mois à plusieurs années.
- Formes Cliniques :
- Aiguë : Touchant souvent les oisillons, se manifeste par dépression, faiblesse, régurgitations, conduisant rapidement à la mort.
- Chronique : Observée chez les oiseaux plus âgés, altération du bec, des plumes, avec des signes pouvant persister pendant des années.
- Transitoire : Certains oiseaux peuvent résoudre les signes cliniques et éliminer le virus.
Diagnostic et Prévention :
- Test PCR : Sensible et spécifique, permet de détecter le virus dans les plumes ou le sang. Recommandé avant l’acquisition d’un oiseau, une étape clé de la démarche préventive, et après 30 jours pour exclure une récente exposition au virus.
- Interprétation du Test :
- Positif avec Signes Cliniques : Pronostic réservé, suivi vétérinaire nécessaire.
- Positif sans signes cliniques : Peut être au premier stade ou présenter une forme transitoire, nécessite un suivi et retest après 90 jours.
- Précautions : Un oiseau testé positif, même asymptomatique, doit être isolé en raison de la résistance du virus dans l’environnement.
Traitement et Prévention :
- Aucun traitement ni vaccin : À ce jour, aucun traitement ou vaccin n’est disponible contre la PBFD.
La dilatation du proventricule (PDD) chez les Oiseaux
La Dilatation du Proventricule (PDD) est une maladie aviaire complexe. Bien que son étiologie ait longtemps été discutée, elle est aujourd’hui principalement associée au Bornavirus aviaire (PaBV), bien que d’autres co-infections puissent être présentes.
Caractéristiques de la PDD :
- Espèces Touchées : Gris, amazones, cacatoès, conures, et potentiellement d’autres psittacidés et non psittacidés.
- Âge de Début : Vers 3 à 4 ans, sans prédisposition liée au sexe.
- Forme Aiguë : Symptômes incluant régurgitation, anorexie vis-à-vis de la nourriture habituelle, et présence d’éléments non digérés dans les fientes. Examen général révèle un animal émacié avec un gésier palpable.
- Signes Neurologiques : Peuvent être présents, affectant l’équilibre comportemental, avec des symptômes tels que l’ataxie, le déficit de proprioception, et la parésie.
Diagnostic et Différentiel :
- Biopsie : Une biopsie du jabot peut être effectuée, mais des lésions peuvent être absentes malgré la positivité. D’autres zones comme la partie cranio-ventrale droite peuvent être biopsiées.
- Contamination : La transmission aux autres oiseaux peut varier en rapidité, lentement, voire pas du tout.
- DDX (Diagnostic Différentiel) : Néoplasie, intoxication aux métaux lourds, corps étrangers digestifs, maladies inflammatoires du tractus digestif, infections du système nerveux central, et déficiences nutritionnelles.
Traitement et Prévention :
- Traitement : Des AINS cox-2 spécifiques (Celecoxib) peuvent être administrés pendant 6 semaines à 10mg/kg pour atténuer les signes cliniques.
- Prévention : Une longue période de quarantaine de 6 mois est recommandée pour éviter la propagation.
Les signes de maladie chez la Poule
Contrairement aux perroquets où l’on surveille des virus spécifiques, la priorité chez la poule est de détecter le mal-être général. En tant que proie, la poule masque instinctivement ses symptômes pour ne pas paraître vulnérable.
- Signes d’Alerte Généraux : Soyez vigilant face à une diminution de la ponte, une perte de poids (à vérifier par une pesée hebdomadaire), un isolement du groupe, une léthargie ou un changement de couleur de la crête et des barbillons (pâles, bleus ou noirs).
- Troubles Respiratoires : Les premiers signes sont souvent des raclements de gorge, de la toux, des éternuements, une respiration bec ouvert ou un gonflement de la face.
- Troubles Digestifs : Inspectez les fientes. Des selles vertes, mousseuses, avec du sang ou des aliments non digérés sont anormales.
- Prévention : Pour anticiper, maintenez un environnement de vie sain, pesez vos animaux régulièrement et réalisez des contrôles coprologiques (analyse de selles) plusieurs fois par an pour vérifier le statut parasitaire.

